Ces radars qui nous protègent

Ces radars qui nous protègent

Dans mon précédent article je vous ai principalement parlé du radar russe OTH. Dans cet article je vous propose de voir un peu ce qui a été mis en place par toutes les grandes puissances mondiales

C'est quoi un radar ?

Un radar est un système qui utilise les ondes radio pour détecter et déterminer la distance et/ou la vitesse d'objets éloignés.

Son émetteur envoie des ondes radio, qui sont réfléchies par la cible et détectées par son récepteur (souvent situé au même endroit que l'émetteur). La position est estimée grâce au temps de retour du signal et la vitesse est mesurée à partir du changement de fréquence du signal grâce à un effet Doppler.
Les radars sont utilisés dans de nombreux domaines : pour la météorologie, pour le contrôle du trafic aérien, pour la surveillance du trafic routier, par les militaires, en astronautique, etc..
Le mot radar lui-même est un néologisme provenant de l'acronyme anglais : RAdio Detection And Ranging, que l'on peut traduire par « détection et estimation de la distance par ondes radio » ou plus simplement « radiorepérage ». Découverte en 1900 et définie théoriquement en 1917 par Nikola Tesla, la technologie radar fut déposée en 1935 par Robert Watson-Watt, ce brevet le fit considérer comme l’inventeur « officiel » du radar.

Outre les applications de surveillance liées à la Défense de la surface des océans, le système OTHR (Over The Horizon Radar) est actuellement utilisé en temps de paix pour détecter et localiser les avions soupçonnés entre autre de transporter des drogues illicites.
L’intérêt de ce système OTHR est qu'il permet une détection à grande distance, à toutes les altitudes (y compris très basses) et n'a pas limite de furtivité en basse fréquence. Malheureusement, il a quelques contraintes car il nécessite un réseau d'antennes de grandes dimensions (réseau phasé), une agilité de fréquence, une réduction des interférences, la détection des cibles mobiles (par un filtrage Doppler), une connaissance de la propagation et enfin il faut tenir compte de la variation temporelle et spatiale de la Ionosphère.

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Pour voir une cible, sans être limité par la courbure de la Terre, les systèmes OTHR ont été sur-développés depuis la seconde Guerre mondiale. L'idée principale de conception est d'assurer d'abord la Défense Nationale avec la détection et la surveillance de larges zones. En outre, les systèmes radar peuvent détecter les missiles de croisière au sein de leur phase de lancement ou capturer des cibles et des navires à la surface bien au-delà de l'horizon.

Afin de se défendre contre d'éventuels missiles de croisière, plusieurs pays travaillent encore sur le développement et la modernisation de leurs systèmes (Australie, Canada, Chine, France, Italie, Japon, Ukraine, Royaume-Uni, Fédération de Russie et États-Unis). La plupart des informations qui suivent ont été obtenues soit à partir de la base de données de IHS Janes's 360, pour la partie française ONERA, soit par diverses autres sources militaires et civiles.

Voyons maintenant, cas par cas, les solutions mises en place dans différents pays.

En Australie :

Au cours de ces 30 dernières années, l'industrie australienne du radar n'a cessé d'augmenter sa capacité et sa recherche au développement des systèmes OTHR afin de surveiller les zones fixes de manière plus efficace et plus économique.
Le projet JINDALEE a débuté dès 1960. Le 2 Avril 2003, JINDALEE a été rejoint par deux autres systèmes et formes ce qui est maintenant connu sous le nom de réseau de radar opérationnel JORN. Le premier site d'antennes est proche de Laverton en Australie occidentale et l'autre est à Longreach en Queensland, dans l'est de l'Australie.

 

En Juin 1991, associée à Telecom Australia, une nouvelle division s'est installée à Melbourne, la GEC-Marconi Systems RF pour exécuter le projet JORN (Jindalee Over-the-Horizon Radar Network).
Plusieurs amplificateurs à semi-conducteurs de 20 kW travaillant dans un réseau d'antennes de 275 m de large qui donnent une puissance totale de 500 kW. À environ 144 km de là, 500 mâts d'antennes placés sur une ligne droite de 3.2 km, forment la station réceptrice.

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Localisation géographique du système JORN

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Le site de transmission JORN à Longreach en Queensland. Source: Lockheed Martin

Le 5 septembre dernier, BAE Systems a annoncé  qu'elle était en partenariat avec Raytheon Australia, Daronmont Technologies et RCR Resolve FM pour le Project Air 2025 Phase 6. Cela permettra d'améliorer la performance globale de JORN, avec l'introduction de nouveaux capteurs et l'amélioration du matériel et des logiciels pour le traitement des signaux, des communications et des systèmes d'informations.

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Le sytème BAE Systems prêt pour relevé le challenge de JORN 6 (photo © BAE Systems)

Le début de la mise à niveau de la Phase 6, conçue pour étendre la vie opérationnelle de JORN au-delà de 2042, devrait débuter en 2018. La capacité opérationnelle initiale (COI) est prévue pour 2023 et la capacité opérationnelle finale (FOC) est prévue pour 2027.

Rapport d'écoute de JORN sur 10 153 kHz , au début de la transition

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Au Canada :

Comparé à d'autres pays, le Canada a l'une des côtes les plus longues du monde. Il y a d'énormes défis pour la surveillance contre les importations illégales, l'immigration, les menaces pour ses stocks de poissons et sa sécurité nationale. Une flotte canadienne d'avions peut être utilisé pour la surveillance aérienne, mais il est trop coûteux de maintenir une capacité de surveillance continue.
Donc une équipe de scientifiques pour la recherche et le développement de la défense du Canada (RDDC) dirigée par Dr Hing Chan et Harold Wilson, a travaillé sur un projet à Shirleys Bay pour réduire les coûts et améliorer l'efficacité dans la surveillance du trafic maritime le long des côtes.

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Illustration de la surveillance au-delà de l'horizon (Crédit © FrontLine Defence 2012)

Le premier HFSWR de nouvelle génération a été déployé sur la côte Est du Canada en 2012. Le HFSWR de nouvelle génération est une évolution du radar SWR503 MK2 qui a été le premier  à suivre les navires. C'est la société Raytheon qui commercialise ce procédé HFSWR qui est aussi déployé et opérationnel sur l'océan Indien et sur la mer Noire.
La prochaine génération de ce système reposera sur des brevets de clés couvrant les domaines de la transmission des signaux, de la détection des cibles, du suivi et de la suppression des interférences qui permettent à plusieurs systèmes de fonctionner dans la bande très congestionnée de HF sans interférence mutuelle.

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Antennes du système RHFOS (Copyright © BAE Systems )

Ce système détecte au niveau du sol, le déplaçement rapide des avions, des hélicoptères, des véhicules aériens sans pilote (UAV) et des bateaux. Le HFSWR est capable de fonctionner jusqu'à 120º de couverture d'azimut sur de longues distances. La conception modulaire peut être étendue pour couvrir tout un littoral national, tandis que ses applications variées peuvent englober la surveillance civile maritime, la surveillance ZEE, la Défense bas et haut au niveau de l'air, et la coordination des moyens civils.

En Chine :

Depuis 1950, la Chine a travaillé sur le développement de son industrie du radar. Les systèmes de surveillance radar ont d'abord été conçus par des système micro-ondes. Une technique de modulation linéaire en fréquence (FM) d'expansion et de compression d'impulsion a été utilisée à la fin des années 1950. Le développement du radar par onde continue (CW) a été réalisé au cours des années 1960.
Jusqu'aux années 1970, de nombreux programmes de recherche et de développement pour la visualisation des cibles mobiles ont été étudiés et réalisés. En Novembre 1967, la Chine a commencé à développer l'onde de sol HF (à ondes de surface) avec des capteurs OTH conçu pour détecter des cibles à plus de 250 km.

Exemples d'antennes actuelles chinoises OTHR :

 

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Une antenne chinoise à log périodique pour une "radiogoniométrie haute fréquence" (Photo prise grâce à Google © - 29°49'19.79" N 121°39'06.08" E.)

 

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Position du système 1 Chinois - 27°46'10.00" N 120°44'44.34" E (Google ©)

 

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Position du système 2 Chinois - 25°47'25.10" N 119°37'08.79" E (Google ©)

 

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Position du système 3 Chinois - 22°55'26.51" N 116°13'32.07" E (Google ©)

 

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Position du système 4 Chinois - 24°04'56.97" N 117°54'06.38" E (Google ©)

 

Un passionné de radar a rapporté que les signaux radar China Daily HF sur 5,8 MHz atteignent le désert de Mojave en Californie le 5 avril 2013.
Voici ce qu'il a capté :

 

Actuellement l'armée chinoise développe de nouveaux types de radars (Photo Google © prise près de  Xian de Huanan - Jiamusi, Heilongjiang - chinoises)

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Location : 46°31'40.61" N 130°45'19.06" E

En Italie et au Japon :

En Italie :

L'Italie utilise le système CONDO-R comme le montre la photo. C'est un système de radar de surveillance de surface à micro-ondes OTH conçu pour exploiter les conditions de propagation des ondes électromagnétiques anormales, qui utilise des canaux atmosphériques étendant la distance de propagation qui serait normalement limitée à la ligne de mire.
La gamme des CONDO-R a des performances bien au-delà de l'horizon la plupart du temps, non seulement pour détecter des cibles comme des navires, mais aussi des cibles aériennes à basse altitude. Le système dispose d'un traitement numérique moderne et du contrôle automatique. Il existe aussi une variante pour la surveillance côtière, qui est le TPS-828, illustré à la 2ème photo. C'est un système de radar mobile capable de couvrir les besoins en matière de surveillance de surface à longue distance et OTC. Le CONDO-R utilise les bandes de 8 à 10 GHz.

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Au Japon :

Le Japon a décidé de construire un système OTHR principalement en tant qu'extension du réseau des États-Unis CONUS. Il a été décidé que l'émetteur sera situé sur l'île de Hanajima et le récepteur avec le centre de contrôle serait situés sur l'île de Iwo Jima, afin de surveiller la chaîne des îles Aléoutiennes. Aucune autre information n'est disponible.

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Ile de Iojima - Mishima, Kagoshima District, Préfecture de Kagoshima 890-0901 au Japon - 30°47'31.8"N 130°18'17.5"E

 

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Détail de l'emplacement du radar à Iōjima  (Google ©)

En France :

Au cours des années 1990 s'est développé un super OTH que les français on nommé NOSTRADAMUS. Il opère dans la bande HF (3-30 MHz) et a été développé et mis en place par la société française ONERA spécialisée dans la recherche aérospatiale et situé à proximité de Dreux, à l'ouest de Paris.

NOSTRATAMUS est un concept original de radar Trans-horizon, car il est omnidirectionnel en azimut, auto-calibrable sans sondeur externe et il limite les multi-trajets.

Le document scientifique suivant est la source de cette précision technique : http://biblioweb.u-cergy.fr/theses/03CERG0257.pdf

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Le système NOSTRADAMUS c'est  un réseau de :

  • 96 antennes biconiques par bras
  • 32 en émission-réception par bras
  • 64 en réception seule par bras

En émission :

  • 96 (3x32) émetteurs
  • Interface de contrôle : gain et phase
  • Impulsion codée

En réception :

  • •288 (3x96) antennes
  • 18 sous-réseaux, 18 récepteurs p
  • Interface de contrôle : gain et phase
  • Formation de faisceaux par le calcul

 

 

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À l'exception de Nostradamus, tous les radars trans-horizon développés jusqu'à présent ont la forme de réseaux linéaires de très grandes dimensions. La physique nous apprend que lorsqu'on utilise des gammes de fréquences basses, il faut disposer de grandes antennes pour obtenir de la directivité. Néanmoins, si ces radars ont une très bonne directivité en gisement, il en est tout autrement de leur directivité en site. Nostradamus est un nouveau concept permettant de la directivité, à la fois en émission et en réception.

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La base de Crusey vu par Google 48°38'29.4"N 1°04'46.7"E
(copyright © ONERA 1996-2006 - Tous droits réservé Implantation d'un réseau d'antennes trans-horizon, base Nostradamus - Photographie : Stéphane Muratet)

Un autre projet de recherche a été lancé en 2009 sous le nom : STRADIVARIUS. Il a permis de mettre au point un nouveau radar HF à ondes de surface capable de surveiller des zones maritimes jusqu’à 200 nautiques des côtes. Un site de démonstration est opérationnel sur les côtes méditerranéennes depuis janvier 2015.
Le porteur du projet est la société DIGINEXT avec les partenaires industriels Actimar et TDF (aide à la création d’une TPE 2 Boss) et les partenaires de recherche : CNRS / USTV (LSEET).

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STRADIVARIUS vise à repousser les limites inhérentes aux systèmes de radars HF actuels, en proposant une rupture technologique dans la conception même du système : architecture du radar, développement d'ondes complexes et donc amélioration de la résolution de l'image.

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Les essais réalisés durant les campagnes ont validés la capacité du radar à illuminer plusieurs secteurs angulaires contigus ou non, et la résistance du système au brouillage.
Les bonnes performances du démonstrateur en détection ont permis de démarrer la phase de commercialisation vers des prospects internationaux. En complément, Diginext étudie la possibilité de positionner les technologies issues du projet STRADIVARIUS dans le domaine de l'océanographie opérationnelle.
L'une des principales avancées du STRADIVARIUS est sa capacité unique à fournir une détection précise et cohérente de cibles dans toute la zone à sa portée. Cette couverture continue et homogène a été obtenue grâce à une nouvelle technologie qui a été conçue pour relever les principaux défis des HFSWR modernes : atténuation des échos de retour ionosphériques et de ceux de la mer (Info © DIGINEXT).

Avec ces deux systèmes, les radars français pourraient bien devenir les plus puissants du monde, avec une zone de surveillance couvrant tout le Maghreb, le Proche et le Moyen-Orient, l'Afghanistan, le Pakistan, ainsi qu’environ 120 millions de km² de mer et d’océan.

Au Royaume-Uni :

La RAF et l'USAF se sont entendus pour faire le système Cobra Mist OTH-B AN / FPS-95 à Orfordness sur la côte du Suffolk.
Les travaux débutèrent en 1968 et occupèrent 500 personnes. Il fut construit un énorme éventail de
réseau périodique qui a fonctionné entre 6 et 40 MHz, dont la puissance moyenne était de 300 kW culminant à 3,5 MW. La plage surveillée était comprise entre 500 et 2000 miles nautiques (3700 km).

COBRA MIST a été construit sur la côte anglaise de la Mer du nord à la fin des années 1960, pour la surveillance de l'activité aérienne et des missiles en Europe de l'Est et dans les régions occidentales de l'U.R.S.S. C'était le radar le plus puissant et le plus sophistiqué de son genre jusqu'à cette époque. La conception imitait le radar Madre sur l'horizon du Laboratoire de recherche naval. Il incorporait une résolution spatiale assez grossière et s'appuyait sur des composantes ultra-linéaires de largeur de champ dynamique et un traitement de signal complexe pour atteindre la visibilité extrême du sous-clivage de 80 à 90 dB nécessaire pour séparer les rendements cibles à l'encombrement solide du sol.

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Malheureusement, Cobra Mist n'a jamais fonctionné correctement en raison d'erreurs de phase que les chercheurs ne pouvaient pas résoudre malgré un énorme travail effectué, pour établir la source de ce bruit et essayer de l'éliminer. Le projet fut finalement désactiver le 30 juin 1973, lorsque fûrent scellées les négociations sur la limitation des armes stratégiques, mieux connues par l'acronyme SALT, abréviation de l'anglais Strategic Arms Limitation Talks, entamés en 1969 entre les États Unis et l'URSS.

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Le système COBRA MIST dans les années 1970

 

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Actuellement ce qu'il reste du COBRA MIST par Hohum - Own work, CC BY-SA 3.0 (voir : wikimedia.org)

 

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Image prise à l'aide de Google © à cette adresse 52°06'17.06" N 1°34'37.06" E

Actuellement, l’Angleterre fait confiance à une nouvelle société européenne de défense et d'électronique Alenia Marconi Systems. Elle est constituée par la fusion de Alenia Systems SpA de Finmeccanica et de GEC-Marconi RDS Ltd.
Les systèmes de radars et de défense (GM-RDS) GEC-Marconi Systèmes sont faits par la société Marconi Electronic Systems. La société fournit des systèmes de commandement et de contrôle pour les systèmes terrestres, maritimes et aériens, des missiles et des systèmes de guidage de missiles, des radars de surveillance aérienne pour la Défense aérienne à longue distance, des radars multifonctions navals et terrestres et des systèmes de simulation et de formation pour les forces armées dans le monde.

Quelques relevés d'ondes dans différents pays :

Différents pays utilisent les bandes de radioamateurs pour lancer des PICS de reconnaissance. Remercions ici le travail d'observation et de compilation de Wolf Hadel - DK2OM, coordinateur IARUMS Region 1.

À Chypre, système Pluto ll :

Observation du signal émit par la British Royal Airforce à Chypre. Souvent sur 10, 21 et 28 Mhz, le signal s'étire sur 20 Khz ou plus.

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Analysé à 25 période /sec (Image DK2OM ©)

Au Danemark :

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Le radar OTH à Bornholm, utilise la bande du 80m sur 3180 kHz exactement (Image DK2OM ©)

En Iran, système Sepher (Sky) :

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Un pic sur deux fréquences, sur 14000 et 21.000 Khz synchronisée. Peut être que les Iraniens voulaient créer un nouvel OTHR ! (Image DK2OM ©)

En Israël :

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La Marine Israélienne semble tester une réflexion spéciale ( Image DK2OM ©)

En Iran :

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L'Iran a annoncé le déploiement de son deuxième radar longue portée à Ghadir qui fait partie d'un système intégré de défense aérienne que le pays a crée.


Le nouveau système de radar au-dessus de l'horizon (OTH), peut suivre les missiles balistiques à 1 100 kilomètres et des avions de combat à 600 km. Il a été finalisé en Ahwaz dans la province sud-ouest du Khuzestan près de la frontière avec l'Irak. C'est ce que FARS, l'agence de nouvelles gérée par l'État, a rapporté le 6 juillet 2015.


Il est le deuxième système de son genre en Iran. Le premier Ghadir a été dévoilé en juin 2014 sur le site, dans la province de Garmsar Semnan dans le nord du pays. L'armée iranienne a dit que le système avait été testé depuis 2011 et que bientôt il y en aurait plusieurs de ce type en fonction.
L'an dernier, l'Iran semblait débuter la construction d'au moins deux autres systèmes de radar à longue portée, l'un dans les villes de Andisheh et Qods juste à l'ouest de Téhéran et un autre au nord de la ville de Bijar dans une partie montagneuse de la province du Kurdistan, dont le rapport est basé sur des images satellite des sites et des dernières informations. Ce système était la variante plus large baptisé SEPEHR.


Le système d'alerte précoce à Garmsar est constitué de quatre multi-éléments horizontaux placés le long d'une place centrale et d'un réseau vertical. La conception est similaire au système Rezonans-NE russe, mais le radar de production nationale iranienne a une portée plus longue.
Il s'agit d'un système purement défensif, il reflète le minimum de posture de défense présumée ou d'assistance, lors de ce qui est considéré comme la fin du jeu ou négociations nucléaires prenant effet actuellement à Vienne.

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Détail du second système radar type OTH 3D Ghadir déployé dans la province de SW Khuzestan.

 

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Le système radar Ghadir aurait été conçu par l'IRGC ASF et exploité par IRIAF.

Info postée par Mark Pyruz le 6 juillet 2015

Aux États-Unis et en Russie :

Un peu d'Histoire qui lie principalement ces deux pays :

La Seconde Guerre Mondiale a permis un développement rapide de la technologie radar, dans les airs ou sur les mers.
Dans les années cinquantes, deux objectifs primordiaux vont définir la première génération d'armure anti-nucléaire : la construction d'une barrière de détection précoce des missiles balistiques trans-polaires et la synchronisation informatique centralisée des dispositifs de détection radar. En effet, les missiles nucléaires longue portée, s'ils ne peuvent franchir l'Atlantique, peuvent tout de même atteindre leurs cibles en passant au dessus du Pôle Nord. Cette menace est prise très au sérieux par les Américains et les Soviétiques et la course à l'armement anti-missile est lancée entre les deux blocs.

Les USA enregistrent un premier succès de synchronisation informatique avec le système SAGE (Semi-Automatic Ground Environment) qui est mis en service à partir de 1951. La machine reliée à 50 écrans communiquait avec une centaine de radars sur la Pinetree Line Canadienne et pouvait suivre 400 avions.
La portée des systèmes de détection radar va s'accroître d'année en année et à la fin des années cinquante, le système BMEWS (Balistic Missile Early Warning System) de détection précoce de missiles balistiques dès leur sortie de l'espace aérien soviétique est opérationnel. Le BMEWS est le déploiement de trois bases géantes de détection radar longue portée (environ 4500 km) : Fylingdales Moore en Angleterre, Thule au Groenland, Clear en Alaska. Ces bases vont enserrer le pôle Nord pour surveiller la menace balistique trans-polaire soviétique. Elles sont toujours aujourd'hui un élément clé du dispositif américain.

► De leur côté, les soviétiques déploient et testent à partir de 1959, différents systèmes de radars de détection satellite et de radars longue portée : DUNAI-2 au Kazakhstan (ouest du Lac Balkhash) et Dnestr en Sibérie (Angarsk) et au Kazakhstan. Tous les radars ABM soviétiques porteront le nom de fleuves de l'Union. Testé avec succès, le système ouvre la construction à partir de 1962 d'une base pour protéger Moscou sous le nom de A-35 ou Dog House (la « niche » selon la dénomination imaginative de l'OTAN). De 1963 à 1969, deux radars DNESTR-M de détection Anti-Missile Balistique (ABM-1) sont installés sur le front trans-polaire Nord-Atlantique à Olenegorsk (près de Mourmansk) et à Skrunda (Lettonie). En 1969 le projet EKVATOR va synchroniser le système ABM-1 soviétique. L’OTAN définira cette armure naissante du nom de Hen House (le poulailler).

À la fin des année 60's, le traité SALT limitera le nombre de missiles anti-missiles mais il autorisera la construction de l'armure radar, en limitant son développement aux capitales et aux frontières.

► À partir de 1975, les U.S.A. construisent le système PAVE PAWS (Phased Array Warning System) de seconde alerte territoriale. Au système BMEWS d’interception des missiles trans-polaires, s'ajoutent les bases de Cape Cod (Massachusetts), Robins (Géorgie), Eldorado (Texas) et Beale (Californie), pour l'interception des missiles trans-océaniques. Les deux systèmes sont centralisés à la base de Cheyenne Mountain (Colorado), voir le site : www.fas.org

En 1977, les USA ouvrent le radar COBRA DANE, localisé sur la base Eareckson de l'Ile de Shemya dans la Mer de Bering. COBRA DANE sera conçu comme un radar d'espionnage avancé du bouclier, capable de collecter des données sur les lancements-tests de missiles soviétiques dans le Kamchatka et l’Océan Pacifique.

Du côté soviétique, deux radars DNESTR deviennent opérationnels à partir de 1973 à Mishelevka (Irkutsk) et Balkhash (Kazakhstan), mais l'année voit surtout le test du premier radar de type DNEPR qui va s'installer à Balkhash. Il inaugure avec succès une nouvelle génération de radars. En 1989, les soviétiques reconnaîtront l’existence du radar DARYAL de Krasnoyarsk qui enfreignait le traité ABM de 1972. Malgré cette déconvenue et avant la chute du régime, l'URSS achèvera la forteresse ABM-3 de défense de Moscou, comprenant notamment un radar de type DON, une pyramide tronquée de 100 m de base et 45 m de hauteur.

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Aux USA, la « Star Wars » sera mise de côté mais les installations BMEWS et PAVE-PAWS subiront dans les années 90 des mises à jour successives pour en faire le système de détection considéré comme le plus infranchissable aujourd'hui. Les sites situés sur le territoire américain (OTH-B, Pave Paws) recentreront notablement leurs actions sur l'Amérique du Sud et la « guerre contre la drogue ».
À partir de 1995, les USA vont développer un radar de nouvelle génération opérant dans la bande X (X-Band Radar, XBR) capable de détecter des débris de moins de 10 cm. Le premier prototype portant le nom de HAVE STARE sera testé sur la base de l'Air Force de Vandenberg en Californie, puis déplacé sur le site de Vardo dans le nord de la Norvège en 1998. Le radar a pour fonction de surveiller les débris orbitaux mais également les essais de missiles russes dans la zone polaire Nord-Atlantique.

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En 2006, le premier radar Sea-based XBR sort des chantiers navals texans. Il s'agit d'un XBR positionné sur une sorte de plateforme pétrolière mobile et pouvant se déplacer dans des zones stratégiques

Les Américains et les Russes rejouent donc pour le moment le vieux schéma de la Guerre Froide, ce qui a tendance à ne pas faciliter la relance avec l'Union Européenne. Reste que la discussion géostratégique entre Russie et USA concerne la protection ABM contre une menace nucléaire moyen-orientale à l'horizon 2020.

Source : Article publié dans Effervesciences N°54, septembre-octobre 2007

Principales caractéristiques des systèmes OTHR :

L'utilisation de la bande HF (3-30 MHz) permet à ces fréquences de "voir" au-delà de l'horizon. La plage de détection est jusqu'à 4 000 km pour la propagation des ondes ionosphériques et jusqu'à 400 km pour la propagation des ondes de surface. Le développement de OTHR a été un grand intérêt pour de nombreux pays en raison de la gamme étendue disponible en utilisant la propagation HF.
Certaines caractéristiques et les paramètres pour les systèmes les plus connus OTHR abordés dans cet article sont repris dans les tableaux ci dessous.

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Cet article a été rédigé par Albert Müller - ON5AM

 

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